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Une masse, des escaliers, du béton…

Au premier regard, la série présentée se lit comme un tableau. L’absence de relief sur la surface de l’œuvre renforce cette idée. Le tableau montre une architecture, reconnaissable par le graphisme des escaliers, proche du logo.

Les volumes de la pièce sont creusés dans l’épaisseur de la surface. Le tableau devient bas relief lors du déplacement du spectateur. Le relief en creux génère alors les différents plans, le rythme des volées d’escalier, le dessin des marches.

La volumétrie de l’escalier est rendue lisible par l’absence de matière, par l’appréhension du vide. L’absence de matière est utilisée comme matériau du volume plastique au même titre que le béton. Ils forment un tout unitaire. La relation forme-matériau met en place le rapport volume-vie humaine dans une expression minimaliste.

On sent la présence du vivant dans le langage dépouillé de la masse sculptée. Chargé d’une identité graphique forte, l’escalier est un acte de civilisation créé par et pour l’homme. Il évoque l’humain sans le montrer. Il en épouse les dimensions et induit une échelle à l’œuvre. L’escalier interroge sans cesse l’être  dans ses déplacements, nous laissant imaginer les histoires, les moments de vie qui ont eu lieu ici…

L’échelle de l’œuvre, son dessin épuré et le matériau utilisé suggère implicitement une architecture
contemporaine. Pourtant ici, le béton possède aussi un pouvoir évocateur de la ruine.  La patine du temps rend visible les traces et les blessures de ces vestiges verticaux.  L’opposition conceptuelle de la ruine contemporaine et de la présence suggérée de l’homme interroge leurs places respectives. Est-ce la précarité du bâtiment qui pousse l’habitant à quitter une architecture qui se délite, ou la ruine nait-elle d’un abandon par l’homme ?

L’absence de détails de ces structures décontextualisées, la géométrie particulière des escaliers provoque une sensation de proximité tout en restant énigmatique. L’identification de l’œuvre est incertaine, reproduction d’une architecture existante ou représentation fantasmée. La série imprégnée de mélancolie, est un regard porté sur ces monuments du quotidien, qui pointe les vestiges d’une utopie perdue mais encore contemporaine.

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